05/01/2026 2 articles dedefensa.org  4min #300953

 De violents raids aériens américains sur Caracas et des bases militaires vénézuéliennes

Malfaisante bienveillance de la Grandecrise

 Bloc-Notes 

• ·Faut-il déjà tirer des leçons de la crise vénézuélienne ? • Andrew Korybko pense que oui. • Il n'a peut-être pas tort sur le point qu'il soulève mais il existe une multitude d'autres éléments qui doivent encore évoluer et être appréciés. • On attendra donc avant d'envisager un verdict final qui permet de classer métahistoriquement cette affaire. • La seule certitude qui s'impose, au vu de l'attention qu'elle soulève, notamment au détriment de l'Ukraine, est bien que le Venezuela s'inscrit parfaitement dans le schéma général de la GrandeCrise.

On constate qu'il y a une multitude de commentaires sur les affaires du Venezuela d'il y a trois jours. L'Ukraine est passée au second plan, ce qui n'a pas empêché, ou ce qui a permis si l'on veut, la plus violente attaque russe contre Kiev. Cela, ce changement de priorité de l'attention, est un fait inédit qui renvoie à la spécificité de notre époque.

Nous avons signalé déjà à  deux reprises combien les opérations de cette sorte, les actions US dans son "arrière-cour", se déroulaient auparavant dans l'indifférence générale. PhG a vécu, en faisant le métier qu'il exerce aujourd'hui, l'invasion de la République dominicaine en 1965-66 (il terminait son service militaire dans la Marine Nationale, au service de l'information interne), l'invasion de la Grenade en 1983, celle du Panama en 1989 (avec kidnapping du président, le colonel et gangster narco-trafiquant travaillant pour la CIA, Noriega). Jamais notre attention occidentale ne fut pour autant détournée des grandes affaires du moment (Vietnam, crise des euromissiles en Europe, chute de l'URSS).

Aujourd'hui, les crises ne se "concurrencent" pas ; elles sont toutes liées par une parentèle unique, la  GrandeCrise. Comme le disait  notre contributeur anonyme :

« Chez Grasset, la GrandeCrise n'est pas une simple méta-crise cumulative (économique, politique, civilisationnelle), mais une catégorie quasi ontologique :

• Elle n'est pas ce qui arrive à l'Histoire,

• Elle est ce que l'Histoire est devenue.

Il opère ainsi un glissement décisif : la crise n'est plus un état transitoire, mais le mode d'être du monde moderne... »

Par conséquent, nous ne mettrons nullement en correspondance l'actuelle crise du Venezuela et, notamment, par la similitude des actes, celle du Panama. Chacune d'entre les crises actuelles évoluent selon une seule logique, propre à la Grande Crise et elle est donc imprévisible, - cas du Venezuela également, où rien n'est fini, - comme rien ne sera jamais fini tant que la GrandeCrise n'aura pas achevé sa tâche universelle.

Nous mettons ci-dessous un texte  d'Andrew Korybko qui prend cette crise du Venezuela du point de vue des intérêts des Grandes Puissances, se réjouissant que, pour une fois, pour une première fois, les USA agissent hors de toute dialectique hypocrite, ne dissimulant pas les véritables buts de leurs intérêts mercantiles et autres qu'ils poursuivent. La mise en parallèle avec l'action des Russes en Ukraine est plus délicate, sinon complètement déplacée : le souci de la sécurité existentielle de la Russie était effectivement en jeu avec une Ukraine surarmée, prête à entrer dans l'OTAN, bardée de bases-US/OTAN et de divers détachements américanistes. Rien à voir avec le Venezuela ; peut-être les choses changeront-elles ?

« [Le document SSN] représente ainsi une approche hyperréaliste, puisqu'il assume explicitement la recherche de la puissance comme objectif, au lieu de la nier comme auparavant. Selon la SSN, cette "sphère d'influence" vise à garantir les intérêts de sécurité nationale et la prospérité des États-Unis, un objectif similaire à celui que la Russie poursuit en Ukraine par le biais de ses opérations spéciales. »

Par contre, le parallèle que Korybko fait entre Maduro et Zelenski est plus intéressant et certainement très enrichissant, car il tient la route sur une piste tracée par les américanistes. On peut effectivement compter sur Trump pour nous fournir tous les arguments du monde, notamment celui d'un 'Make Venezuela Great Again'.

« C'est là que réside l'hypocrisie que vient de révéler l'opération militaire spéciale américaine au Venezuela : l'UE aurait certainement condamné avec la plus grande fermeté la capture hypothétique de Zelenski par la Russie. Leur excuse implicite pour ce double discours concernant la capture de Maduro par les États-Unis est son illégitimité. Or, la Russie considère désormais Zelenski comme illégitime lui aussi. Dès lors, l'évaluation de la légitimité des autres dirigeants par des tiers est, en fin de compte, subjective, ce qui conduit à la réalité qui vient d'être mise au jour. »

La logique de Korybko est impeccablement rationnelle ; peut-être un peu trop pour le "fou du roi" qui, comme vous et moi, ne sait pas qui est le roi et se laisse aller tout à sa folie.

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05/01/2026 dedefensa.org  4min #300954

 Malfaisante bienveillance de la Grandecrise

Réalité de la géopolitique des Grandes Puissances

Andrew Korybko

Trump 2.0 a expliqué avec audace comment les États-Unis entendent restaurer leur « sphère d'influence » sur les Amériques, conformément à la nouvelle stratégie de sécurité nationale. Cette nouvelle approche hyperréaliste consiste à assumer explicitement la recherche du pouvoir comme objectif, au lieu de la nier comme auparavant.

L'opération militaire spéciale américaine au Venezuela, couronnée de succès et visant, à ce stade, à ajuster le régime et non à le renverser comme certains le croient à tort, a suscité une vague de réactions de la part des gouvernements du monde entier.