15/01/2026 investigaction.net  4min #301903

 De violents raids aériens américains sur Caracas et des bases militaires vénézuéliennes

Le Venezuela face à la stratégie de shock and awe de Trump

José Antonio Egido

AFP

L'opération militaire ordonnée par le duo Trump/Rubio, coordonnée par le Pentagone et la CIA, et exécutée par la marine, l'armée de l'air et les Delta Force, a été un choc brutal pour le peuple vénézuélien. Il ne s'agissait pas d'une attaque surprise. Le gouvernement vénézuélien avait pris des mesures défensives, convoqué le Conseil de sécurité des Nations Unies, mobilisé la population, appelé la communauté internationale à la vigilance et adressé des messages à Trump pour qu'il mette fin à l'agression en cours. En vain.

Depuis août 2025, la marine américaine avait détruit des dizaines de navires dans les Caraïbes et le Pacifique afin de tester les capacités de défense des États de la région. Face à l'absence de réponse ferme, les agresseurs ont intensifié leur offensive. L'opération, menée tôt le matin du 3 janvier, a employé des capacités technologiques jusque-là inconnues pour neutraliser les troupes, les communications et la défense aérienne vénézuéliennes. Dans un premier temps, ils ont détruit les missiles centraux et les lignes électriques, plongeant Caracas dans le noir. Ils ont ensuite perturbé les systèmes radar et détruit les tours de communication militaires. Dans la phase finale, ils ont employé une arme non identifiée qui a paralysé les soldats protégeant le président Maduro. Immédiatement, des hélicoptères ont déposé 200 soldats des forces spéciales pour capturer le président Maduro et son épouse à leur domicile. Plus de 100 soldats et civils ont été tués par les missiles et les balles des agresseurs. Plus de 100 personnes ont été blessées, dont certaines grièvement, et le bilan des victimes devrait s'alourdir. Les autorités vénézueliennes n'ont pas encore founri un bilan officiel de l'attaque.

Les habitants de Caracas et de tout le Venezuela ont été profondément horrifiés par la violence de l'attaque. Un témoin civil fiable, habitant près de la résidence présidentielle, rapporte que des civils ont souffert de diarrhée à cause des armes utilisées par les Américains. La déception est également grande face à l'incapacité des Forces armées nationales bolivariennes (FANB) à résister à cette attaque impérialiste éclair. Au départ, les milieux militaires et politiques fidèles à la Révolution Bolivarienne pensaient que des éléments militaires proches du président avaient fourni à l'ennemi des informations sur le lieu où se trouvait le président Maduro et avaient neutralisé les systèmes radar. Ces soupçons étaient fondés. En 2019, la CIA a orchestré la trahison du général Cristopher, l'un des plus hauts responsables de la sécurité du pays: il était directeur du Service bolivarien de renseignement (SEBIN), nom donné par Chávez à l'ancienne police politique du régime néocolonial, la DISIP.

Grande surprise : l'impérialisme tourne le dos à la bourgeoisie compradore à son service.

Jusqu'à présent, lorsque la CIA renversait un gouvernement dans la région, elle y installait ses militaires ou ses laquais néocoloniaux. Mais le Venezuela est un cas particulier. Trump nie la possibilité que la bourgeoisie compradore et l'agent américain Machado dirigent une junte. Il préfère maintenir le chavisme au pouvoir, exigeant que les compagnies pétrolières américaines exploitent le pétrole et que le gouvernement américain gère les recettes de sa vente sur le marché mondial.

Autre surprise: la principale compagnie pétrolière, Exxon Mobil, refuse de revenir dans le pays tant que l'instabilité et l'insécurité juridique créées par Trump durant son premier mandat ne seront pas résolues. Le secteur privé ne souhaite pas investir dans ce pays, ravagé par son propre impérialisme américain.

Une large unité nationale se construit autour de la défense du pays.

Les dirigeants de la Révolution Bolivarienne tentent de préserver les institutions politiques du pays en nommant la vice-présidente Delcy Rodríguez présidente par intérim. Ils cherchent à garantir la survie non seulement de la Révolution, mais aussi du pays lui-même. Ils savent que les pays envahis par les États-Unis disparaissent tout simplement en tant qu'entités étatiques. Des manifestations massives et continues, mis sous silence par les médias occidentaux, expriment la volonté populaire de construire une large unité nationale autour de la défense de l'indépendance du pays face à la défaite militaire et à un Trump agressif qui veut s'approprier le pétrole, les ressources et le territoire vénézuélien. Le pays retombe dans un statut colonial rejeté par les couches populaires et le secteur national de la bourgeoisie.

Un scénario complexe pour la survie du Venezuela.

Le Venezuela est tombé sous la tutelle de Trump, qui a démontré sa capacité à neutraliser tout dirigeant qui s'oppose à lui. Une période de tensions s'amorce. Avec le Venezuela qui défendra son droit à disposer de ses ressources pétrolières. Mais aussi avec la Russie et la Chine qui ne souhaitent pas abandonner leurs investissements et leurs relations avec le Venezuela.

Un scénario complexe d'agression plane sur l'ensemble de l'Amérique latine et des Caraïbes.

Le succès de Trump le 3 janvier l'encourage à agir contre les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes. La destruction de la révolution cubaine est son objectif immédiat. L'échec de ces projets impérialistes repose sur l'intelligence et la détermination des peuples et de leurs dirigeants.

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