Les nuances de l'Antéchrist-bouffe
• Il y a à peine un an, vous n'auriez pas cru que l'on puisse juger que le président Trump est l'Antéchrist ; aujourd'hui, oui. • A peine un petit correctif (notre lubie) : oui, mais alors "Antéchrist-bouffe" parce qu'avec Trump c'est inévitable. • Ainsi Kevin Barrett développe-t-il cette thèse très intéressante, et si dans l'air du temps avec l'ami-Bibi. • Mieux encore : Barrett se demande si les Américains, y compris lui-même, "Moi, cet antiTrump imbu de moi-même", - ne sont pas les responsables. • Étrange, inquiétante question...
14 avril 2026 (18H50) - "Antéchrist-bouffe", il est inutile de dévoiler de qui nous voulons parler. Comme on dit, c'est plié... D'ailleurs, il s'était paré des vêtements du Christ sur une photo-AI réalisée par ses services, pour indiquer, par simple regard inverti, de qui l'auteur Kevin Barrett veut nous entretenir. D'ailleurs, il suffit de suivre la définition-signification proposée avec sagesse par l'IA pour être fixé, - et notamment au profit de notre culture extrêmement ténue :
"L'Antéchrist est une figure eschatologique chrétienne, définie comme l'adversaire suprême de Jésus-Christ et de Dieu, apparaissant avant la fin des temps. Souvent confondu avec un ennemi"avant"le Christ, le terme dérive du grec antikhristos, signifiant"contre"ou"à la place du Christ". Il symbolise un imposteur ou un tyran qui détourne la foi."
Barrett, antiTrump certifié conforme à 100% en même temps qu'antiSystème notoire, s'attelle à la tâche de montrer qu'après tout, ce président qui réalise ces photos-AI de lui en Jésus pour clouer le pape Léon (autre querelle grandiose-bouffe en-cours) au moins au pilori, si ce n'est sur la croix, Barrett donc se lance dans la tâche de nous montrer qu'après tout Trump ferait un bon Antéchrist. Comme il le précise, l'Antéchrist "suit les traces de Satan, le père du mensonge", ce qui tient fort bien du Trump. La démonstration est enlevée, sinon évidente, après quelques étourdissantes cavalcades dans les chapelets sans fin de mensonges trumpistes sur toutes les affaires traitées où sont affirmés tout et son contraire, à la vitesse d'un canon à tir rotatif de multiples tubes, type-'GatlingGun', - comme le 30mm à 4000 coups/minute, ce monstre autour duquel on a fabriqué le A-10.
Tenez, après cette espèce de cascade en forme de 'Vertigo', voilà que Barrett se jette à l'eau. Le voilà, le voilà, on le tient cet Antéchrist-bouffe !
"Trump se représentera peut-être en 2028 (bon courage !), mais il semble bien briguer le rôle de l'Antéchrist. À bien des égards, il est un meilleur candidat que son maître Netanyahou, qui n'a jamais prétendu être un artisan de paix ni avoir de sentiments positifs envers les chrétiens et le christianisme. (Rappelons que l'Antéchrist trompe les gens en leur faisant croire qu'il est du côté du Christ.)" L'Antéchrist suit les traces de Satan, le père du mensonge. Et Trump a assurément porté l'art du mensonge politique à des sommets, ou plutôt des abîmes, d'absurdité risible..."
Mais là n'est pas le plus intéressant. Après ces défilés kaléidoscopico-vertigo d'images sur les facéties de Trump, le ton de Barrett devient peu à peu plus grave. Il aborde un problème plus fondamental : et nous, Américains ? Nous, ceux qui ont voté pour Trump ? Mais même les autres, adversaires de Trump ? Nous tous, Américains, qui vont sans pour autant se demander comment il se fait que ce pays que nous chérissons, que nous présentons au monde entier comme le modèle des modèles, ait pu accoucher d'une situation pareille où l'on trouve l'Antéchrist-bouffe à la tête des affaires, allant jusqu'à attaquer le pape, lui-même Américain, comme on ferait dans un talk-show de cette foutue télévision dont nous sommes les prisonniers, les otages et les protecteurs comme l'on est souteneur ? Cette foutue télévision qui est peut-être le miroir où nous devons nous regarder ?
"Nous tous Américains", y compris lui-même, Barrett, -"Moi, cet antiTrump imbu de moi-même", - ne sont-ils pas le"peuple-fondateur"de cet Empire du mensonge élevé à la gloire de la bannière étoilée ? C'est la principale et angoissante question, - car la poser, n'est-ce pas..., - qui conclut ce texte commencé comme une pochade de music-hall :
"Maintenant que Trump s'effondre, le masque tombé et son crâne diabolique arborant un sourire infernal sous sa casquette MAGA, ceux qui ont été dupés par ses manœuvres trompeuses ont une occasion unique de se repentir. Ils devraient se demander : comment ai-je pu tomber dans le piège de ce serpent ? Quelle part de moi a résonné avec son énergie d'Antéchrist ? Une partie de moi est-elle tombée dans le gouffre nauséabond du narcissisme de Trump, au point de ressentir le besoin de nourrir mon ego par procuration en m'identifiant à ce monstre ? Comment puis-je me détacher de cette part de moi-même, m'en détacher complètement et m'abandonner entièrement à Dieu ?"Mais même ceux qui détestent Trump devraient se remettre en question. Le comportement outrancier de Trump n'est-il pas le reflet fidèle de ce que sont devenus les États-Unis ? Voter pour Harris, Biden ou Obama, tous membres de la même classe qu'Epstein, était-ce un acte d'aveuglement volontaire... voire un mensonge colossal ? Moi, cet antiTrump imbu de moi-même, suis-je vraiment supérieur à tous ces crétins MAGA que je méprise ? Me croire meilleur qu'eux ne relève-t-il pas du même égocentrisme pathologique que celui dont Trump fait preuve ? Trump admet être là pour voler le pétrole et servir les intérêts des Adelson, tandis que ceux pour qui j'ai voté ont inventé des mensonges mielleux que j'ai tolérés et, implicitement, approuvés. Se pourrait-il que je ne sois finalement meilleur que les électeurs de Trump que sur un seul point : l'hypocrisie ?
" Alors allez-y : fixez la télévision, contemplez le visage de Trump et admettez que votre télévision est un miroir.
"Nous avons rencontré l'Antéchrist, et c'est nous-même."
La belle tirade pour clore ce texte, et sur un ton gravissime qu'il faut prendre au sérieux car il touche quelques angles aigus de la mécanique et la métaphysique de notre GrandeCrise de la modernité.., Enfin, puisqu'il s'agit des Américains d'une façon générale, nous avons, de notre côté, étudié les outils que nous avons habillés audacieusement de l'expression de "technologie psychologique", qui à notre sens caractérisent la psychologie de l'américanisme et le caractère qui en découle, toutes choses conduisant à mieux comprendre les circonstances dont l'aboutissement est ce personnage de l'Antéchrist-bouffe marquant effectivement l'effondrement de l'Amérique, et de notre civilisation.
En effet, si nous n'avons pas dit mot des Européens, de nous-mêmes par conséquent, c'est qu'il n'y a pas grand'chose à dire dans le temps-courant. Mais nous sommes persuadés que ce que l'on nomme "américanisation", plus encore que la culture, affecte l'infection américaniste qui a gagné notre propre psychologie, - l'américanisation comme transmutation de notre psychologie par les caractères américanistes de la psychologie. Tout cela est rapidement rappelé dans une reprise, dans un texte du 26 mai 2023 :
"Il est vrai que les USA sont protégés comme par une cuirasse infranchissable de toute perception acceptable de la réalité du monde (autre définition de la folie) par deux phénomènes, sortes de"technologies psychologiques"absolument impénétrables. Nous en parlons et nous les répétons souvent car nous pensons qu'il faut se convaincre du phénomène et en prendre la mesure et les conséquences. Ces deux"technologies psychologiques"(nous adoptons ce terme pour marquer combien tout est de moins en moins humain dans l'américanisme, jusqu'à l'humain lui-même, car la folie fait son œuvre) sont deux traits psychologiques qui relèvent de la féérie- fantasy propre à l'américanisme, et qui sont aujourd'hui exacerbées jusqu'à la folie, - soit l'inculpabilité ("sentiment de l'absence à terme et décisivement de culpabilité de l'américanisme quelle que soit son action") et l'indéfectibilité ("sentiment de la certitude [de l'américanisme] de ne pouvoir être battu dans tout ce qui figure conflit et affrontement"), tels qu'ils sont explicités dans [ce texte] qui rappelle leurs caractères...". ( 22 octobre 2022)
Voici donc le texte de Kevin Barrett, du 13 avril 2026, sur 'UNZ.com'. Le titre est repris, et un sous-titre l'accompagne, qui nous dit que "Même le pape commence à le remarquer"