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• Articles du 18 août 2021. • A l'occasion de la Grande Débâcle de Kaboul, un coup d'œil sur la presseSystème, cette « [[JDkVjrYNyLo
En même temps qu'un des grands guerriers trotskistes du WSWS.org nous expose l'extraordinaire corruption de la presseSystème (US) par rapport à ses maîtres qui sont en charge de la conduite de la politiqueSystème, nous nous attachons à ce qui pourrait apparaître comme une "énigme-Biden". Les deux sont liés, mais peut-être indirectement, ou bien accidentellement c'est à voir.
Le sel de l'affaire se trouve résumé dans le constat de l'auteur du texte ci-dessous, Joseph Kishore, mais peut-être dans une mesure bien plus importante qu'il ne le dit à cause de facteurs dont il n'a pas eu connaissance. Cette phrase pose le constat :
« The deluders became the deluded », c'est-à-dire, selon le vieux truc de "l'arroseur arrosé", « Les illusionnistes sont devenus les illusionnés », - phrase qui convient mieux que "les manipulateurs manipulés" qui vient tout de suite sous la plume par sa forme, du fait de la présence du mot "illusions", renvoyant parfaitement au mot-concept de "narrative" que nous utilisons systématiquement et qui se trouve ici aux premières loges.
Renforcement et verrouillage de la presseSystème
Kishore reprend l'historique de la neutralisation de la "grande presse nationale" (avec les autres locaux qui suivent) d'antant en un organe uniforme de complète propagande, au profit d'une narrative qui est principalement ici le fait de la politiqueSystème, dite impérialiste ou/et belliciste, dite également selon notre penchant, déstructurante des pays et régions qu'elle assaille pour permettre d'y installer le "modèle américaniste" conforme aux vœux du Système. Effectivement, c'est bien l'expérience vietnamienne où la presse joua un rôle éminent contre la politiqueSystème qui conduisit le Système (ou DeepState, ou communauté de sécurité nationale, ou..., etc.) à donner comme consigne fondamentale : "il faut contrôler la narrative" ; c'est-à-dire contrôler la "grande presse nationale" en la transmutant en presseSystème.
Kishore décrit donc une évolution impeccable et implacable, avec des détails peu connus comme les consignes adressées par des directions rédactionnelles à leurs journalistes pour structurer les textes ou leurs interventions télévisées de façon à effacer tout effet négatif (pour les forces armées US) du récit des opérations décrites. Le cas de CNN est cité avec des détails intéressants. Bien entendu, le champ des opérations de guerre s'est aussitôt et largement étendu à toutes les interventions concernant toutes les opérations et productions de la politiqueSystème, les opérations d'influence, les analyses générales, les arguments progressistes-sociétaux, les "révolutions de couleur", le wokenisme, etc.
L'opération de (re)structuration aboutissant à l'actuelle presseSystème a été conduite avec tant de précision, auprès de journalistes dont la tendance est devenue finalement un réflexe pavlovien qui n'est même plus réalisée, que les "manipulateurs" ont fini par croire selon leur propre manipulation, et ainsi devenant des "manipulés" par eux-mêmes. Leurs inspirateurs ont suivi la même voie si bien qu'on a dérivé vers un système complètement fermé où la narrative devient complètement impérative et déterministe, et qu'il devient impossible intellectuellement et psychologiquement de s'en détacher. On se trouve alors prisonnier de notre concept du déterminisme-narrativiste, où effectivement les manipulateurs sont obligés de se manipuler eux-mêmes parce qu'ils ont été conduits à croire évidemment ce qu'ils "racontent", comme l'on rapporte un "récit" qui devient finalement, par enchaînement des logiques impératives, la seule réalité possibler, c'est-à-dire la Vérité selon eux.
« Tels sont les médias américains, - un système d'illusion et d'auto-illusion, dans lequel les propagandistes en viennent à croire leur propre propagande et sont stupéfaits lorsque la réalité les frappe de plein fouet.
» Pour parachever l'absurdité de toute cette entreprise, les médias ont, en particulier au cours des cinq dernières années, participé à l'effort visant à qualifier de "fake news" tout reportage véridique. Les médias qui ne font pas partie des "sources autorisées", - les "sentinelles" de l'opinion publique, - sont censurés par Google, Facebook et d'autres plateformes, soi-disant pour avoir diffusé des "fausses informations"... »
(Kishore précise que « Cela s'est surtout appliqué au 'World Socialist Web Site', qui a une couverture inégalée de l'occupation de l'Afghanistan, qui dure depuis deux décennies » ; nous, nous serions enclins à nuancer le propos : 'WSWS.org' a certes été censuré, mais il est loin d'être le seul et sans doute pas nécessairement "le plus" ; certains sites de la droite extrême, ou même simplement 'indépendants', qui existent malgré le mépris trotskiste, sont également en bonne posture.)
Biden contre "ses" généraux ?
Cette situation générale est aujourd'hui confrontée à la possibilité d'une situation spécifique extrêmement complexe. Le terme "possibilité" renvoie à l'incertitude où nous sommes de la véracité de ce qui est exposé au travers de deux articles qui citent de bonnes sources (et d'autres articles également honorables), qui développent de bonnes argumentations, qui enfin donnent une explication assez inattendue de la débâcle US en Afghanistan. Ces deux articles du site RedState.com, résolument conservateur et qui nous a montrés à plusieurs reprises le sérieux de ses interventions.
La premier article est une sorte de documentation propre à étayer la thèse que soutient le second. Il nous rapporte qu'au printemps 1975, au temps de la débâcle Saigon-1975l'un des principaux opposants à une aide à apporter d'urgence au gouvernement de Saigon pour résister à l'attaque communiste (Nord-Vietnamiens) fut le jeune (32 ans) sénateur démocrate Joe Biden. L'article cite un autre article de 'The Atlantic', du 26 mars 2021, mettant en évidence le rôle joué par le jeune Biden pour refuser toute aide aux Sud-Vietnamiens, refusant des crédits pour rapatrier les Sud-Vietnamiens "compromis" avec les USA et laissant le Vietnam à la débâcle de la politique américaniste :
« Biden et les autres démocrates restèrent insensibles [à la demande du président Ford de débloquer des fonds]. Dans un discours prononcé au Sénat le 23 avril, Biden fit valoir que le président n'avait pas l'autorité nécessaire pour secourir quelque Vietnamien que ce soit. "Je ne crois pas que les États-Unis aient une obligation, morale ou autre, d'évacuer des ressortissants étrangers" autres que des diplomates de pays tiers. "Les États-Unis n'ont aucune obligation d'évacuer fût-ce un ou cent mille et un Sud-Vietnamiens". Les États-Unis devraient laisser la tâche de les protéger aux "organisations qui sont disponibles" et aux"canaux diplomatiques". Une semaine plus tard, les chars nord-vietnamiens pénétraient dans l'enceinte du palais présidentiel de Saigon, quelques heures seulement après que le dernier hélicoptère eut transporté les derniers Américains hors du Vietnam. »
L'auteur de ce premier article avait déjà évoqué l'hypothèse que la débâcle de l'Afghanistan pouvait venir essentiellement de la volonté de Biden de quitter ce pays, d'arrêter immédiatement cette guerre par désintérêt pour elle autant que pour les Afghans, exactement comme il avait montré son désintérêt pour les Vietnamiens ; à cet égard, l'ancêtre n'aurait pas changé de paroisse :
« Ce n'est pas seulement Joe Biden l'incompétent. C'est Joe Biden le diabolique. Il n'a pas évité les allusions au Vietnam, il les a utilisées pour estimer qu'il pouvait faire ce qu'il a fait, [comme pour le Vietnam], et s'en sortir sans trop de mal. Il a ordonné le retrait sans véritable plan parce qu'il n'a jamais eu de plan. Le plan était de foutre le camp et de les abandonner.
» Maintenant, il est furieux d'être mis en tort une fois de plus, furieux que nous nous préoccupions vraiment de lui et que nous exigions des réponses, furieux qu'il doive en fait rendre des comptes. »
C'est alors qu'intervient le second texte que nous citons qui évoque, lui, un désaccord entre Biden et ses généraux. Biden voulait un retrait ultra-rapide et radical et les militaires ne le voulaient pas. Les militaires ont fait mine d'accepter l'ordre de leur président, - pour être sénile, on n'en est pas moins président, - et ils n'ont rien préparé du tout parce qu'ils pensaient mettre ainsi Biden au pied du mur et le faire reculer, lorsqu'ils lui auraient dit : "Non, nos plans ne sont pas prêts, il est donc impératif d'arrêter au moins temporairement le retrait des forces"...
« Ayant travaillé directement pour un trois étoiles de l'état-major de l'armée de terre, je peux vous dire que cela résonne en moi. La réponse standard du Pentagone, du moins du côté de l'armée de terre, à toute tâche qu'elle ne veut pas accomplir c'est de hocher vigoureusement la tête [en signe d'acceptation] tout en ne faisant absolument rien. J'étais un officier d'état-major de l'armée de terre pendant la réduction des effectifs après l'opération 'Tempête du Désert' (1991) et une réduction des forces (RIF) des officiers de campagne, la première depuis la fin de la guerre du Vietnam, était imminente. On nous a ordonné de ne pas planifier une RIF parce que si quelqu'un entendait dire que nous planifions une RIF, il supposerait qu'une RIF était acceptable pour l'armée, tandis que si nous ne planifions pas nous n'aurions sans doute pas à le faire par simple évidence chronologique et manque de temps. En conséquence, [le plan d'absence de plan de l'armée n'ayant pas fonctionné], ce qui aurait pu être un processus contrôlé et ordonné [en Afghanistan] s'est transformé en une panique stupide. Est-ce que tout cela ne vous semble pas familier ?...
» Les généraux ont pu se convaincre qu'ils avaient convaincu Biden d'annuler complètement le retrait afghan, comme il l'avait fait pour la plupart des initiatives du président Trump. Puis, de façon inattendue, Biden a décidé d'aller de l'avant, et, oui certes, son mépris ostensible pour la vie humaine a joué dans sa décision. L'armée a été laissée sur le carreau parce qu'ils avaient refusé de prendre les mesures préliminaires nécessaires pour évacuer les non-combattants et les Afghans amis....
» [Mais] [la théorie de redstate.com]]]