Grèce : au moins 78 morts dans un naufrage, le plus meurtrier de l'année dans le pays

Soixante-dix-huit personnes se sont noyées mercredi dans un naufrage au sud-ouest de la Grèce. Crédit : Reuters

Au moins 78 personnes ont trouvé la mort dans un naufrage dans la nuit de mardi 13 à mercredi 14 juin au large de la Grèce. Quelques 104 naufragés ont pu être secourus par les garde-côtes grecs et transférés vers la ville de Kalamata, un port situé au sud ouest du pays.

Les chaînes de télévision grecques ont montré les images de rescapés, couvertures grises sur les épaules et masques hygiéniques sur le visage, descendre d'un yacht portant l'inscription Georgetown, la capitale des îles Caïmans. D'autres étaient évacués sur des civières. Quatre d'entre eux ont été conduits à l'hôpital de Kalamata en raison de symptômes d'hypothermie.

Un migrant pris en charge au port de Kalamata après le naufrage de son embarcation, le 14 juin. Crédit : Reuters

D'après les informations délivrées par les autorités grecques, les exilés sont majoritairement originaires d'Égypte, de Syrie et du Pakistan. Selon les premières informations, le bateau aurait quitté Tobrouk, à l'est de la Libye, en direction de l'Italie, vendredi 9 juin.

I am told by someone who is now in Tobruk that the boat was allegedly heading to #Italy and that each person on board had paid $4500.

The President of the Hellenic Republic, Katerina Sakellaropoulou, is on her way to #Kalamata following the deadly shipwreck that has, so far, killed 59 people.
The number of people that drowned is expected to rise.

600 migrants à bord du bateau

Le nombre de passagers présents sur le bateau n'a pas été confirmé par les autorités grecques. Mais des médias locaux parlent d'au moins 600 personnes, ce qui laisse craindre la disparition de centaines de naufragés.

The survivors of the #shipwreck that were picked up by the Mayan Queen IV yacht have disembarked at the port of #Kalamata. Unconfirmed reports that the number of victims has risen to 80. #Greece

L'opération de sauvetage se poursuivait mercredi après-midi dans les eaux internationales situées au large de la ville grecque de Pylos. Elle implique six navires des garde-côtes, un avion et un hélicoptère militaires ainsi qu'un drone de Frontex, l'agence européenne de surveillance des frontières.

Yesterday, we were alerted by a boat in distress in the Greek SAR zone. It had left from #Libya. According to the people, there were 750 people on board. Authorities were alerted. Contact was lost shortly after midnight. We now hear reports of a shipwreck and fear they are true.

La Grèce a connu de nombreux naufrages d'embarcations de migrants, souvent vétustes et surchargées, mais il s'agit jusqu'ici du bilan humain le plus lourd depuis un précédent le 3 juin 2016 au cours duquel au moins 320 personnes avaient péri ou disparu.

L'embarcation avait été repérée une première fois mardi par les garde-côtes italiens, qui ont alerté leurs homologues grecs et européens. Les migrants à bord « ont refusé toute aide », selon les autorités grecques. La plateforme d'aide aux migrants en mer, Alarm Phone, a signalé sur Twitter avoir été alertée le même jour par des exilés en détresse, non loin du lieu du naufrage.

 Selon une journaliste basée en Grèce, chaque passager avait payé 4 500 dollars (environ 4 000 euros) la traversée.

Le bilan passe à 78 morts dans le naufrage à 87 km de #Pylos dans le #Peloponèse #Grèce #Greece alors que l’opération de recherche et sauvetage continue avec de gros moyens européens

Une année particulièrement meurtrière

Depuis un an, on observe de plus en plus de départs de bateaux de migrants depuis l'est de la Libye. « Ce n'est pas inhabituel que des bateaux fassent cette route. Les départs depuis l'est de la Libye sont plus fréquents » depuis l'été dernier, expliquait l'an dernier à InfoMigrants Frederico Soda, chef de mission Libye auprès de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les exilés prennent désormais la mer depuis cette zone, afin d'éviter les interceptions des garde-côtes libyens, qui se concentrent à l'ouest du pays.

Mais la traversée n'est pas sans risque. L'est de la Libye est considérablement plus éloigné de l'Italie que la partie ouest, d'où embarquent la majorité des migrants. À titre d'exemple, 1 200 km séparent les deux villes côtières de Tobrouk (à l'Est) et Tripoli (à l'Ouest), situé en-dessous de la Sicile. Un trajet démarré depuis l'est de la Libye est ainsi « beaucoup plus long », précisait encore Federico Soda.

La route méditerranéenne reste la plus meurtrière au monde. En 2022, 2 406 migrants ont péri dans cette zone maritime, soit une augmentation de 16% sur un an, selon le  dernier rapport de l'OIM. Et l'année 2023 risque d'établir un nouveau record : depuis janvier, ce sont déjà 1 166 personnes qui ont péri ou ont disparu dans ces eaux, dont 1030 en Méditerranée centrale. Un tel nombre n'avait pas été observé depuis 2017.

 infomigrants.net

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