Gilets jaunes : nous sommes le peuple

19-11-2018 28 articles vududroit.com 10 min #148473

Au soir de la manifestation des gilets jaunes du 17 novembre, incontestable succès populaire avec plus de 280000 participants selon les chiffres du Ministère de l'Intérieur (ce qui laisse imaginer une mobilisation bien supérieure au regard des pratiques habituelles), parmi les quelques centaines de révoltés qui tentaient encore de s'approcher du Palais de l'Elysée afin, disaient-ils, que le président Macron entende le bruit de la colère de ses propres oreilles et non par médias interposés, l'un d'entre eux déclarait au micro de BFMTV à l'adresse du chef de l'Etat « avec notre pognon, vous nous prenez notre liberté ».

LA REPUBLIQUE EN MARCHE CENSITAIRE

Car c'est bien de liberté qu'il s'agit, au premier plan, derrière les grands principes, les beaux discours et les mots creux. Celle qui a été évoquée de manière menaçante dans les jours qui ont précédé le mouvement, celle d'aller et venir, de circuler. Les mises en garde avec amendes et peines d'emprisonnement ont été constamment brandies par le gouvernement et les préfets : tout blocage ferait l'objet d'une répression impitoyable, entravant la liberté fondamentale de circuler. On n'avait jamais vu depuis longtemps un discours aussi ouvertement répressif à l'encontre d'un mouvement social et l'on s'était pris à rêver que la même morgue implacable fût employée contre les black blocks, casseurs professionnels, brûleurs de flics et racailles patentées auxquelles on n'hésite pas à abandonner des portions entières du territoire national sans se demander si leur présence néfaste nuit aux libertés fondamentales de ceux qui sont obligés de les côtoyer. Et qu'en est-il de la liberté de circuler de ceux qui sont sans cesse ponctionnés, taxés, comme punis de ne pas appartenir à quelque minorité ou communauté protégée ? Qu'en est-il de la liberté lorsque le 15 du mois on n'a plus rien ? Qu'en est-il de la liberté lorsque la seule perspective est le déclassement et la paupérisation ? Qu'en est-il de la liberté lorsqu'on en est réduit à payer toujours plus pour simplement travailler ?

Le paradoxe, et cela a été quelquefois souligné, est que La République en Marche, porte dans son nom même le signifiant du mouvement, de la mobilité. Elle se pose en ennemie de l'immobilisme et la métaphore du déplacement a souvent été centrale dans les déclarations les plus contestables et méprisantes à l'égard du peuple de la part d'Emmanuel Macron. On se souvient de ceux qui, luttant pour leur survie économique n'avaient qu'à se bouger « au lieu de foutre le bordel », de ceux à qui il suffirait de « traverser la rue » pour trouver du travail... Mais il y a les privilégiés de la mondialisation heureuse, qui peuvent habiter les grandes métropoles et se déplacent en trottinettes électriques ou survolent le territoire avec du kérosène curieusement non taxé, comme le rappelle dans un excellent éditorial François Bousquet pour le Figaro, et ceux qui n'ont pas le choix, ces « ploucs émissaires » de la France périphérique, périurbaine et délaissée.

Finalement, lorsqu'on y réfléchit bien, concernant la cristallisation que représente cette jacquerie moderne, cette révolte de la vie chère, tout a déjà été dit en filigrane car tout était déjà inscrit dans le projet et les déclarations macronistes, dans les paradoxes fumeux et les impasses du « en même temps », dans la cassure reconnue par le chef de l'Etat lui-même entre les élites et le peuple et sans cesse accentuée depuis l'accession au pouvoir de l'ancien banquier qui n'a jamais arpenté de sa vie une quelconque circonscription dont il aurait eu à cœur de servir les intérêts, de résoudre avec empathie les problèmes, petits ou grands : la politique, on le redécouvre, c'est, sinon un métier, du moins une compétence qui s'acquiert au contact des populations, au service des populations, au contact de ce peuple tant honni par une idéologie hors-sol. Il ne suffit pas pour cela de se jeter dans des bains de foule opportunément mis en scène ou de se frotter corps contre corps dans des selfies douteux.

DES AIDES POUR PAYER DES TAXES POUR PAYER DES AIDES POUR PAYER DES TAXES...

Par-delà l'incompréhension concrète de ce qu'est la vraie vie des vrais gens, il y a l'incompréhension plus préoccupante d'un phénomène socio-économique pourtant très clairement et intelligemment décrit par Christophe Guilluy dans son dernier ouvrage No Society consacré à la fin de la classe moyenne occidentale. Parmi les mesures annoncées par l'exécutif pris de panique afin d'essayer de désamorcer le conflit, et dans la grande tradition libérale-socialiste dont le macronisme est la parfait parangon, on propose de mettre en place des aides, de toute façon dérisoires au regard des investissements que représenterait pour les particuliers un changement autoritaire de matériel énergétique, de véhicules, aides qui seraient bien évidemment financées par encore plus de prélèvements sur les classes moyennes qui, elles, n'appartiennent pas aux catégories « les plus défavorisées » auxquelles ces aides seraient allouées -et qui, du reste ne demandent pas l'aumône, d'autant qu'on leur reprochera dans le même temps avec mépris de coûter un « pognon de dingue »- : ce que propose l'exécutif revient donc à accentuer encore la pression sur ces ménages moyens, lesquels finiront inéluctablement par grossir les rangs des catégories qu'ils sont supposés aider. Cette France méprisée, comme elle l'est encore par Benjamin Griveaux parlant de ceux qui « fument des clopes et roulent au diesel », ce même Benjamin Griveaux dont il faut rappeler que sa parole est celle du gouvernement, donc pas une parole anodine ou anecdotique, qui confond dans un mélange d'inculture crasse et d'inconscient robuste Charles Maurras et Marc Bloch en évoquant le « pays légal » et le « pays réel ». On ne sait si c'est le méchant nationalisme populiste constamment fustigé par le macronisme qui s'est ainsi dérobé dans le discours du porte-parole gouvernemental, comme l'expression de quelque chose qui est décidément impensable et impensé pour cet exécutif, -chassez l'inconscient par la porte il revient par la fenêtre, disait Freud-, ou bien si c'est la crainte du bloc(h)age qui pétrifie le mouvement en marche au point de ne pouvoir pas même être prononcé.

Incompréhension. Mépris. Mépris symbolisé par  le dessin grossier et tellement révélateur de Xavier Gorce qui a déclenché des réactions immédiates sur les réseaux sociaux et qui a le mérite de parfaitement bien représenter ce dédain bobo pour une France périphérique et déclassée dont on a pourtant de la peine à croire qu'il soit si caricatural et bas de plafond. Mépris pseudo-intellectuel, mépris culturel, mépris de classe d'une rare violence, réelle et symbolique : toutes les formes du mépris que, dans le fond, ce mouvement des gilets jaunes combat.

LES PAUVRES : COUPABLES, FORCEMENT COUPABLES...

Il y a, aussi, la culpabilisation. Culpabilisation sur fond de chantage écologique, d'une part, quand bien même les privilégiés donneurs de leçons anti-populistes prennent l'avion et polluent l'atmosphère au kérosène pour se rendre dans leurs résidences secondaires des Baléares ou d'ailleurs, peu importe où, le monde est leur terrain de jeu, les distances pas davantage que les identités territoriales ou nationales n'ont de sens pour ces gens-là. Exit l'exit tax, empapaoutée la flat tax. Le verdict est clair : les coupables, ce sont les prolos et, comme disait Alphonse Allais, on va faire payer les pauvres, d'accord ils n'ont pas beaucoup d'argent mais ils sont nombreux.

Culpabilisation ensuite quant au mouvement de révolte lui-même : théâtralisation des risques représentés par le fameux « blocage », dramatisation du bilan, instrumentalisation de la mort tragique d'une manifestante écrasée par une femme prise de panique. S'il y a des morts ou des blessés, on vous aura prévenus, ce sera de votre faute et vous en serez tenus pour responsables. Ce ne sera pas de la faute d'une crise accidentelle de panique dans un cas, ni dans les autres cas de la faute des individualistes teigneux qui sont prêts à rouler sur des manifestants et même parfois à tirer avec des armes à feu, ayant parfaitement bien intégré que dans une start-up nation c'est la loi du chacun pour soi et un perpétuel Koh-Lanta social qui règnent. Ce ne sera pas parce que la société aura été inlassablement fracturée en montant les gens les uns contre les autres, en traitant les uns ou les autres de lépreux, de fainéants, de pauvres cons quitte ensuite à pleurnicher sans cesse sur le risque de guerre civile larvée au sein d'une communauté nationale désunie. Non. Ce sera encore la faute du peuple qui manifeste. Et du reste, quel mouvement social fondé sur la dureté de la vie se déroule comme au pays des Bisounours, sans heurts, sans débordements aussi regrettables et dramatiques soient-ils ? Toute la journée du 17 novembre, on a entendu la petite ritournelle des médias que l'on aurait juré tout droit sortis de l'ORTF reprenant la parole officielle, déplorant que le mouvement ait tendance à ne pas rester « bon enfant », comme si la colère du peuple ne pouvait qu'être celle d'un enfant autorisé à taper un peu du pied par terre mais appelé à rester sage tout de même, comme si tout ceci n'était qu'une petite et gentillette distraction du week-end. Les manifestants ne sont pas des enfants, ni bons ni mauvais, ce sont les membres du peuple en colère, ce sont eux les adultes, et s'ils sont responsables de quelque chose, ils le sont dans le sens où ils prennent en responsabilité leur destin en main contre les élucubrations irresponsables d'élites déconnectées.

LA « RECUPERATION », ET ALORS ?

Quand enfin l'incompréhension, le mépris, la culpabilisation n'auront pas fonctionné, on essaiera le soupçon de la fameuse « récupération ». Ce grand mot arboré depuis des mois en cache-sexe de l'absence de colonne vertébrale et de culture politique. On l'avait déjà beaucoup entendu lors de l'affaire Benalla : l'opposition parlementaire, unanimement, aurait « récupéré » le scandale. O surprise, ô stupéfaction : oui, l'opposition parlementaire, l'opposition politique est là pour ça, dans une démocratie normale, n'en déplaise aux novices de la politique qui confondent la gestion d'entreprise et la marche des nations, précisément pour entendre et reprendre les mécontentements, les interrogations, les questionnements, les colères. Sinon, qui le fera ? En quoi est-ce mal ? Il en va de l'essence même de la démocratie et il importe peu, en l'occurrence, de savoir si, ensuite, ces partis politiques capitaliseront dans les urnes sur le mécontentement. Dans le pire ou dans le meilleur des cas, c'est exactement leur travail et leur raison d'être. A ne pas vouloir le comprendre, on prend le risque de se retrouver en face à face, comme c'est le cas ici, avec le peuple, sans intermédiaire puisqu'on a précisément et délibérément disqualifié les intermédiaires, le peuple qui scande comme à chaque fois l'énoncé faussement tautologique le plus vibrant et émouvant qui soit « Nous sommes le peuple », et alors, il ne faut pas faire mine ni de s'en étonner, ni de s'en plaindre.

Crédit photo: Des «gilets jaunes» à Nice le 15 novembre 2018 | Valery Hache / AFP

 vududroit.com

 Ajouter un commentaire

Articles associés plus récents en premier
05-12-2018 observatoiredesmedias.com 15 min #149218

Gilets jaunes et journalistes : aux sources du rejet

 Jean-Marie Charon, École des hautes études en sciences sociales (EHESS)]

Des journalistes insultés, menacés, cibles de jets de pierre, sur les Champs Élysées, à Toulouse, dans la Drôme, etc. Tweets où fleurissent les « merdiasses » et autres « journalopes ». Vidéos de « gilets jaunes » où s'affichent la conviction que les médias sont aux ordres du gouvernement.

04-12-2018 2 articles tlaxcala-int.org 6 min #149124

Appel des Gilets Jaunes de Commercy à des assemblées populaires partout en France !

03-12-2018 legrandsoir.info 4 min #149070

Rêve, Rêve-Olte, Rêve-Olution

Kevin Kijko

Prenez un peuple en colère avec des revendications élémentaires, prenez un chef d'Etat sourd à la colère du peuple, prenez une répression de cette colère qui la fait grandir, prenez un peuple qui rapidement revendique un changement plus profond de la société et de son système politique.... cela ne vous rappelle rien ? Le terreau de toutes les révolutions.

03-12-2018 legrandsoir.info 4 min #149069

Seul le peuple est légitime, Macron démission !

Léon LANDINI, Annie LACROIX-RIZ, Jo HERNANDEZ, Antoine MANESSIS

Nous citoyennes et citoyens de France, sans-partis, militants politiques organisés, associatifs, syndicalistes, qui sommes participants ou/et solidaires de la lutte populaire des "gilets jaunes" dénonçons la violence sociale du régime Macron qui se déchaîne. Le président des riches accable le peuple de mesures anti-sociales et anti-patriotiques.

02-12-2018 legrandsoir.info 4 min #149029

Pour des négociations publiques et filmées... (qui sera pour, qui sera contre ?)

Viktor DEDAJ

Je rebondis sur un incident récent autour d'un « représentant » des Gilets Jaunes, convié à Matignon, et qui est aussitôt reparti faute d'avoir obtenu que l'entretien soit « retransmis en direct à la télévision ». En voilà une idée qu'elle est bonne. En effet, depuis quelques temps déjà, il m'arrive d'animer des ateliers pour - en particulier - des syndicalistes.

28-11-2018 reseauinternational.net 4 min #148870

Un journaliste avec 40 ans d'expérience indigné par les mensonges et la manipulation des médias au sujet des Gilets Jaunes

par Gérard Bardy

Lendemain de manif…

J’ai eu besoin d’un temps de récupération avant de pouvoir écrire cette chronique, tant ce que j’ai entendu et vu sur les radios et télés d’ « info continu » hier soir m’a plongé dans la stupeur et la colère.

Titulaire de ma carte de journaliste depuis plus de 40 ans, j’ai ressenti à la fois de la peine et de la honte !

27-11-2018 mondialisation.ca 13 min #148850

Les gilets jaunes. Un mai 68 des « sans dents »

«Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d'investir où il veut, le temps qu'il veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales».

P. Barnevick, ancien président de la multinationale ABB.

Vue sous cet angle plus simplement, on dirait que la mondialisation est la liberté du renard néolibéral dans le poulailler des classes vulnérables.

27-11-2018 francetvinfo.fr 3 min #148829

Video. « C'est un esclavage » : la colère des « gilets jaunes » expliquée par un philosophe

"Il faut appeler les choses par leur nom. C'est un esclavage." Invité sur le plateau de l'émission "C politique" sur France 5, dimanche 25 novembre, le philosophe et essayiste Abdennour Bidar a livré son analyse pour expliquer la colère des  "gilets jaunes".

L'auteur de Libérons-nous ! Des chaînes du travail et de la consommation (éditions Les Liens qui libèrent) pointe un double phénomène : "L'esclavage du travail et de la consommation." Selon lui, dans notre système capitaliste, "nous sommes la petite souris dans sa roue.

25-11-2018 lesakerfrancophone.fr 12 min #148741

René Guénon et les grands esprits pour les gilets jaunes

Par  Nicolas Bonnal - Novembre 2018 - Source  nicolasbonnal.wordpress.com

Pie XII] ; ce mouvement a très utilement été insulté par BHL et va constituer un pont entre les forces de gauche et de droite.

dernier homme] de Nietzsche qui dit avoir inventé le bonheur mais se bourre de médicaments pour dormir. Concentrée dans des grosses villes de plus en plus sales, cette post-humanité n'est pas tellurique mais numérique.

25-11-2018 legrandsoir.info 37 min #148731

Qui a peur du petit peuple en marche ?

SILENCE

Écrit le 19 et 20 novembre

1.

L'écho des temps passés nous enseigne que, durant des siècles, les classes subalternes ne furent pas considérées comme des êtres humains. Lors des différentes traites, hommes, femmes et enfants étaient vendus comme esclaves et considérés comme des meubles ; pour les classes supérieures, les domestiques étaient vus comme des outils faisant partie du paysage ; quand vint le temps des élections, on instaura un suffrage censitaire tant il paraissait improbable que la canaille populaire participât aux prises de décision.

24-11-2018 72 articles dedefensa.org 7 min #148712

De la crise symbolique à la crise politique

Elle détruit tout ce que ce Président, qui ne pense que communication, avait tenté de construire depuis son élection. Symboliquement, elle acte l'identification d'Emmanuel Macron avec ce qu'il y a pu avoir de plus haï dans l'histoire de France.

Bien sur, il y a eu des incidents violents. La colère accumulée depuis de nombreux mois ne pouvait pas ne pas s'exprimer. A cela, ajoutons la possibilité que des provocateurs, ceux que l'on appelle les « Black Blocs » se soient joints à la manifestation.

24-11-2018 dedefensa.org 7 min #148695

Résilience de l'étrange-événement

24 novembre 2018 (à 07H35) - Je ne cesse de me chapitrer à propos de cette vague considérable des gilets-jaunes qui prend son temps, qui s'étale sans être étale, qui se transforme en une marée improbable et pourtant entêtée, et qui monte sans paraître suivre les règles habituelles de la chose... Je n'aurais pas parié un seul de mes piètres euros sur cet étrange-événement, il y a seulement deux semaines, sinon une semaine d'ailleurs ; d'ailleurs, je n'en parierais pas plus aujourd'hui sur sa durée ni rien du tout dans la prospective, preuve que je suis complètement et de plus en plus égaré, confus, incertain quant à juger et jauger l'étrange-événement.

24-11-2018 usbeketrica.com 17 min #148690

Gilets jaunes : « Une émeute n'a pas vocation à devenir un parti »

L'émergence d'un mouvement comme celui des « gilets jaunes » a pris une partie des observateurs de cours. Pour prendre du recul, tenter d'y voir plus clair et s'interroger sur l'impact d'un tel mouvement dans les années à venir, Usbek & Rica s'est entretenu avec le sociologue Albert Ogien.

De quoi les « gilets jaunes » sont-ils le nom ? La question agite tout ce que la France compte de commentateurs, observateurs ou acteurs de la vie politique.

24-11-2018 tlaxcala-int.org 7 min #148689

Ce que nous disent ces gilets jaunes campés aux angles morts du paysage social

 Dimitris Alexakis Δημήτρης Αλεξάκης

Réponse (sans doute trop rapide faute de temps, mais l'objectif de ce post est moins de clore la question que d'en poser, des questions) à quelques ami.e.s rebuté.e.s par le mouvement des «gilets jaunes».

24-11-2018 tlaxcala-int.org 3 min #148688

Gilets jaunes : une poétique du ras-le-bol

 Philippe Tancelin

Les amis (es), surtout ne souriez pas...

Il y a dans le mouvement "gilets jaunes" l'esprit d'une crue..y compris poétique

Aujourd'hui en province (Ardèche) et pour quelques jours, après avoir passé plusieurs barrages filtrants en tant qu'automobiliste pressé, je suis allé sur différents carrefours de filtrage des "gilets jaunes", il se passe qqchose de très important et de très beau, une poétique du ras-le-bol avec beaucoup de lucidité et de générosité.

23-11-2018 elcorreo.eu.org 8 min #148667

Le feu passe au jaune en France

par  Rafael Poch de Feliu*

Si en France il ne se passe rien, alors il ne passera rien de fondamental de nature libératrice et progressiste à moyen terme en Europe.

Le samedi [17 nov 2018] 300.000 des personnes ont exprimé leur protestation de façon active en organisant plus de 2000 blocages de routes et de péages dans toute la France. Il faut suivre de près ce phénomène des gilets jaunes, un mouvement auto(dés)organisé au travers de réseaux sociaux, populaires et imprévisibles.

23-11-2018 tlaxcala-int.org 19 min #148666

Les gilets jaunes et les « leçons de l'histoire »

 Gérard Noiriel

Dans une tribune publiée par le journal Le Monde (20/11/2018), le sociologue Pierre Merle écrit que « le mouvement des « gilets jaunes » rappelle les jacqueries de l'Ancien Régime et des périodes révolutionnaires ». Et il s'interroge: « Les leçons de l'histoire peuvent-elles encore être comprises ? »

 Se réfère à :

 Référencé par :